Archives pour la categorie ‘nouvelles’

NOS GLOIRES SECRETES. Tonino Benacquista ♥♥

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Tonino Benacquista est assurément une valeur sûre. N’importe lequel des ses romans engendre une sympathie humaine rare. C’est un auteur sans prétention, dans le sens noble du terme, avec une imagination trempée dans le réel et qui fait le secret des « bonnes » histoires. Il a fourbi ses armes dans la littérature policière et ses Rivages Noir et Folio Policier La maldonne des sleepings, Les morsures de l’aube, La machine à broyer les petites filles etc.) trônent dans la plupart des bibliothèques de vacances (les plus belles…).

Mais là où Benacquista excelle est sans conteste la nouvelle. Tout à l’ego était impressionnant de maitrise touchant autant le style que l’imaginaire et ce nouveau recueil en conserve la même plume. Ces six nouvelles peuvent imiter des « historiettes » mais n’en ont pas seulement l’air mais aussi la chanson : simples, presque faciles, un rien banals, pleinement humaines, elles vous retroussent et vous décoiffent souvent dans un éclat de rire sur leur dernière page.

Encore une fois, toujours sans prétention, un auteur qui donne ce qu’il promet. Merci

HEUREUX LES HEUREUX. Yasmina Reza ♥♥

 

 

 

 

 

 

 

Yasmina Reza est la reine du fleuret : elle touche et fait mouche à tous les coups. Cette fine lâme sait pourfendre tous nos travers et pose sa mouche là où ça fait mal. Elle sait débusquer, dans des scènettes apparemment anodines, le moment juste où une phrase banale va faire capoter la quiétude installée et éclater le vernis des conventions, cet instant fragile, en équilibre où le masque bien pensant tombe brutalement révélant une sauvagerie  émotionnelle disproportionnée. Que ce soit à propos d’un tableau blanc ( Art), d’une bagarre  de cours d’école ( Le dieu du carnage), au décours d’une mise en terre (Conversations après un enterrement), d’une relation père-fils (Une désolation) toutes ses réparties débusquent les démons enfouis sous le couvercle de la bienséance et le fait exploser avec un bonheur et une justesse rare.

Dans ce livre chorale où les personnages s’entremêlent d’une nouvelle à l’autre, elle pointe avec délectation les petits riens,les phrases anodines et banales qui tricotent notre quotidien et que l’on pourrait dire ou vivre. Quel intérêt, direz vous ? La férocité mêlée de tendresse de Reza pour ses personnages, un mélange de méchanceté pour la petitesse de ces derniers et une compassion pour leur accablement d’êtres humains.

Il est bien connu que « les gens heureux n’ont pas d’histoires » …

 

PARFUMS. Philippe Claudel ♥♥♥

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Philippe Claudel est un « chuchoteur » et ce qu’il vous murmure à l’oreille est empli d’une poésie nostalgique, d’une brume indéfinissable lourde et ouatée à l’image de sa terre lorraine. Sa musique est cristalline et son verbe souple et aérien. A l’instar de Philippe Delerm et sa « petite gorgée de bière » il nous livre dans Parfums ces petits instants de grâce, ces minuscules particules de vie qui en font toute la saveur et la rendent si précieuse. Tous ces petits « riens » qui peuplent notre hippocampe limbique et font de nous des êtres uniques et à la fois similaires dans leurs souvenirs partagés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et dans la même veine, dénichez «  Le café Excelsior » lieu de rencontre entre un grand père et son petit fils, endroit magique de passation du pouvoir masculin entre une grenadine à l’eau et une chope de bière. Une véritable initiation dans un rituel ancestral qui fait de vous un homme, un vrai. Un petit bijou.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Impossible de ne pas rappeler l’exceptionnel roman qui ouvrit avec fracas les portes de la littérature à Philippe Claudel : « Les âmes grises ». La beauté rare de ce livre où la noirceur de l’âme côtoie l’indicible fraicheur sous le fracas lointains des bombes restera longtemps gravée dans le marbre de nos mémoires.

Philippe Claudel est une véritable version orale des plus beaux peintres flamands.

LES OLIVIERS DU NEGUS. Laurent Gaudé ♥♥♥

 

 

 

 

 

 

Laurent Gaudé est, par excellence, le peintre des grandes batailles et des grands mythes qui dévoile devant vos yeux démesurés le souffle épique, flamboyant des grandes armées étincelantes (La mort du roi Tsongor), le chaos (Ouragan), la fureur (Le soleil des Scorta), l’ignominie (Cris, Eldorado), la déraison, la pure folie, l’irrationnel et le mystique (La porte des enfers, Théâtres).Mais aussi de la tendresse, de la douceur avec une infinie tristesse

Il y a du Munch, du Cerquozzi dans ses pinceaux, du Homère, du Hugo, du Sophocle dans sa plume : pas de doute cet homme est un initié, un élu

Il nous livre quatre récits où s’épanouit la grâce talentueuse de son écriture à travers des histoires qu’il affectionne et dont il est le maitre.

« Tout est bon chez lui il n y a rien à jeter » chanterait  un poète de talent…

 

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