Archives pour la categorie ‘classique’

DIVORCE A BUDA. LA CONVERSATION DE BOLZANO. Sandor Maraï♥♥♥

     

 

 

 

 

 

Sandor Maraï est un horloger de la passion amoureuse qui démonte et dissèque avec une précision diabolique, tous les rouages, les « échappements », les ressorts de l’état passionnel.

La description, glaciale, rationnelle, quasi botaniste ou entomologique de cet état chez ses personnages, révèle peu à peu un magma bouillonnant, rouge sang qui les renverse et les anéantit comme des pantins ahuris, soumis à un état qui les dépasse mais qu’ils observent comme dédoublés, déconnectés, capables encore d’analyser cet ouragan qui les dévaste avec ses dégâts collatéraux.

C’est cette dualité frigidité-fournaise exprimée, décortiquée qui fait de Maraï, romancier hongrois du siècle dernier si meurtrier, un écrivain unique pleinement particulier.

Sa plume jaillit de son âme, de son coeur, de tous les méandres de son esprit inquisiteur avec une maestria et une puissance rare. Divorce à Buda en est l’éclatante maîtrise. La conversation de Bolzano un sublime échec de Giacomo Casanova

Ecrivain exceptionnel. A LIRE. A LIRE.A LIRE

LE LABYRINTHE DU MONDE. Marguerite Yourcenar ♥♥♥

 

                                          

 

 

 

 

 

 

Marguerite Yourcenar est une grande dame, une très grande dame de la littérature. Certains ne s’y sont pas trompés puisqu’elle fut la première femme Immortelle de cette Académie fondée sous Louis XIV ( brisant presque trois siècles de « mâle » règne !). Il en fallait du talent, de la technique et de la maitrise littéraire pour bousculer les poussières dorées de cette illustre institution !!

Bien sur, il y a ses oeuvres les plus connues (Mémoires d’Hadrien, L’oeuvre au noir, Les Nouvelles Orientales, Alexis ou le Traité du vain Combat, Le Denier du rêve …) qui sont de véritables émeraudes pouvant siéger dans toute bibliothèque même minimaliste.

Mais Marguerite Yourcenar est une femme du Nord qui a poursuivi l’oeuvre de sa vie, s’y re-penchant maintes et maintes fois, fignolant, ciselant les contours : son autobiographie, véritable arbre généalogique de la famille Crayencour : Le Labyrinthe du Monde.

Et nul doute qu’il fallait une virtuosité et une habileté rare pour arriver à passionner de simples mortels pour une famille bourgeoise de la Flandre française !

Eh, bien elle y réussit au delà de toutes espérances et c’est bercé par la mélodie extraordinaire de sa prose, son souci du détail et son harmonie de la narration que l’on traverse les siècles en compagnie des ses aïeux sans une once d’ennui.

Quel talent ! Mais quel talent !!

L’ASSASSIN. Maurice Genevoix ♥♥♥

 

 

 

 

 

 

Il en a fait un des plus beaux fleuves du monde : la Loire lui doit ses plus belles pages (Agnès, La boîte à pêche, la Loire et les garçons..), la « grande guerre » son récit le plus poignant (Ceux de 14), la France rurale des années 20 ses plus beaux tableaux (Raboliot, Rrou, Rémi des Rauches, La Dernière Harde, La Forêt Perdue). Maurice Genevoix, un des sabres les plus fins de l’Académie Française,a écrit tant de pages toutes plus éblouissantes les unes que les autres !

Cet opuscule est ,entre tant d’autres, un rubis étincelant : une chronique, un fait divers banal dans un trou provincial d’après guerre mais qui va devenir le théâtre grandiose de toute la lâcheté humaine, la rancune imbécile et tenace, la coalition d’un village contre la victime expiatoire. On peut songer à la magnifique   »Visite de la vieille dame  » de Durrenmätt ou au proche « Rapport Brodeck » de Philippe Claudel.

Comme quoi des thèmes universels, quand le talent s’en empare, peuvent encore toucher au plus profond !

A dévorer. Re-dévorer TOUT Genevoix. Quel émerveillement !

TOUT MAIGRET. Georges Simenon ♥♥♥

 

 

 

 

 

 

Découverte tardive mais quel enchantement !

Simenon n’est pas seulement le maître de cet art pseudo mineur qu’est le roman policier, il est l’impressionniste des petits, des humbles de la France du Nord des années 30 à 60.

Qu’il dépeigne des mariniers, des ruraux,des petits bourgeois étriqués, des demi mondaines, c’est toujours avec tendresse et mélancolie qu’il brosse ses personnages si vivants, si chauds, si fragiles.

Avec une langue et une plume totalement maîtrisées, il dresse le portrait de l’âme humaine avec autant de justesse et de talent qu’un Balzac

Pas de doute, l’Académie Française a raté un de ses meilleurs impétrants !

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