Archives pour la categorie ‘policier’

MAPUCHE. Caryl Férey ♥♥

 

image mapuche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après la « planète » Zulu son précédent roman, Caryl Férey nous catapulte dans l’Argentine post coloniale, celle des rescapés des juntes militaires qui tentent avec l’énergie du désespoir de survivre aux abominations perpétrées dont les séquelles s’inscrivent jusqu’au plus profond de leurs cellules. Déracinés, chassés de leur terre mère pour son héroïne mapuche, miraculés des geôles des colonels pour son héros argentin, leurs chemins vont se croiser par l’intermédiaire du meurtre sordide d’un travesti retrouvé terriblement mutilé dans le port de Buenos Aires.

Comme dans ses anciens romans, Férey se glisse comme un gant, dans un monde d’ultra-violence qu’il maitrise à la perfection avec une habileté rare ne trébuchant jamais dans le « gore » soutenu par une documentation précise au scalpel du monde dans lequel gravitent ses personnages.

Valeur sure du roman noir, on pourra cependant lui préférer Zulu plus concis, plus « concentré », plus détonant.

LA VERITÉ SUR L’AFFAIRE HARRY QUEBERT. Joël Dicker

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand les maisons d’éditions et leurs complices cesseront de prendre les pauvres lecteurs pour des billes de flipper et de les catapulter dans leurs petits filets garnis pour leur vendre des soi disant romans d’exception (comme Karoo par exemple) juste bons à caler l’armoire normande de tante Léontine ???

Quand cessera t on de nous infliger des pavés monstrueux de plus de 600 pages,indigestes dont près de la moitié pourrait être supprimée sans nuire une nanoseconde à la compréhension du texte bien au contraire (mais que font les rewievers …) ?

Prétendre que ce « roman » est une vision rare et profonde de l’Amérique est un camouflet à de merveilleux écrivains américains qui,eux, savent de quoi ils parlent.

Banal roman policier confus,poussif, laissez tomber et lisez plutôt Pete Dexter ou Jim Thompson, 400 pages de moins, mais quel plaisir !

Première gamelle du Goncourt des lycéens..

 

ZULU. Caryl Férey ♥♥

 

 

 

 

 

 

 

 

Pas moins de 8 prix pour ce roman policier peut faire craindre le pire …

Et « le pire n’est jamais sûr » est bien vrai !

Ce polar est un extrait de concentré de fureur, une violence inouïe à l’état brut, un ouragan de destruction dans un pays en flammes, l’Afrique du Sud post apartheid. Des flics noirs et durs comme l’ébène autant intérieurement qu’extérieurement, rongés par des démons mortifères et des cadavres pourrissants dans les charniers putrides des « townships », véritables poubelles humaines et urbaines générées par un pays gangrené jusqu’à son ADN.

Caryl Férey, solidement documenté, dans un style fluide et coulant  fait exploser une véritable bombe chimique dévastatrice en pleine figure. On en ressort anéanti… mais avec une envie irrésistible de se précipiter sur… Mapuche son dernier roman

LA RIVIERE NOIRE. Arnaldur Indridason♥

 

 

 

 

 

 

Pas de doute, dès les premières lignes, c’est un polar du Nord : c’est lent, froid, un peu morbide, très légèrement ennuyeux mais solide et carré : les deux bottes bien dans la neige.

Ce polar n’a pas la puissance d’un Stieg Larsson mais louche du coté de Camilla Lackberg. Classique et correct.

« Un bijou de la littérature policière » dixit Télérama. Peut être mais alors juste une tourmaline

ALLMEN ET LES LIBELLULES. ALLMEN ET LE DIAMANT ROSE. Martin Suter ♥



 

 

 

 

 

 

Elisabeth George a son commissaire Thomas Linley, huitième comte britannique d’ Asherton, Akounine son Eraste Petrovitch Fandorine, noble russe désargenté, Jean François Parot  son Nicolas Le Floch, jeune noble breton et Martin Suter son Johann Friedrich von Allmen, aristocrate ruiné. La « noblesse » véhiculerait elle encore un idéal de droiture, de justice et d’équité ? Sauf qu’ Allmen le héros de Suter, est plutôt du genre « arsouille » même si ses agissements ne sont pas sans évoquer un certain Arsène gentleman cambrioleur ! Qu’il coure après des coupes prestigieusement signées Gallé ou après un diamant rose exceptionnel, c’est avec un flegme tout aristocratique, flirtant avec la carambouille dans un univers « haute couture » tellement chatoyant et non dénué d’humour.

Que ce héros est séduisant ! Léger comme les bulles de champagnes dont il raffole il est intemporel et tellement attachant.

Fan de Wallander passez votre chemin sinon laissez vous appâter par ce quadragénaire gracile.

CADIX OU LA DIAGONALE DU FOU. Arturo Perez-Reverte ♥

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arturo Pérez-Reverte est régulièrement en tête de gondole surtout depuis le Tableau du Maître Flamand où il a immédiatement installé sa « patte » : une intrigue policière dans un siècle de son choix sur les rivages ou dans les sierra de son Espagne natale.

Dans ce roman, c’est à Cadix, sous Joseph Bonaparte,pendant que les armées napoléoniennes assiègent la ville, qu’il campe ses personnages : un meurtrier aux odeurs de Jean Baptiste Grenouille, un policier à l’âme sombre, une femme armateur dans un monde d’hommes, un corsaire amoureux, un artificier fou de balistique …

Pérez-Reverte est un conteur chevaleresque; il y a du Surcouf, du Pirate des Caraïbes, du Nicolas Le Floch’ chez lui, appuyé sur une documentation profonde et érudite du siècle qu’il choisit.Il vous fait voyager le soir au fond du lit et, une fois la lumière éteinte, rêver à des grandes épopées

A lire pour s’endormir conquérant !

♥♥♥

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mention spéciale pour cet autre roman du même auteur : Le Peintre des Batailles. Un serbe défend sa vie, son pays pendant une guerre fratricide. Un journaliste-reporter fixe son visage qui fera la une des plus grands magazines. En représailles toute sa famille sera exterminée. Ce livre raconte la rencontre de ce journaliste et de cet homme anéanti en quête de vengeance. Tout simplement époustouflant

LE SERMENT DES BARBARES. Boualem Sansal ♥♥

 

 

 

 

 

 

Boualem Sansal utilise une histoire policière pour la forme qui lui permet de traiter un sujet de fond : l’Algérie post coloniale.

Il y dépeint un pays gangréné, pourrissant de toutes parts, corrompu jusque dans ces figues de barbarie ; un pays où la violence, la terreur et le mensonge rythment le quotidien.

Avec un phrasé tout en staccato et larghetto, il nous livre un poème violent, sombre d’une densité étouffante sur une contrée trop aimée et totalement à la dérive

Première oeuvre saluée par le prix du Premier Roman à sa sortie en 99, ce livre atypique laisse exsangue mais avec une conscience aigüe  d’un réel talent

 

 

 

TOUT MAIGRET. Georges Simenon ♥♥♥

 

 

 

 

 

 

Découverte tardive mais quel enchantement !

Simenon n’est pas seulement le maître de cet art pseudo mineur qu’est le roman policier, il est l’impressionniste des petits, des humbles de la France du Nord des années 30 à 60.

Qu’il dépeigne des mariniers, des ruraux,des petits bourgeois étriqués, des demi mondaines, c’est toujours avec tendresse et mélancolie qu’il brosse ses personnages si vivants, si chauds, si fragiles.

Avec une langue et une plume totalement maîtrisées, il dresse le portrait de l’âme humaine avec autant de justesse et de talent qu’un Balzac

Pas de doute, l’Académie Française a raté un de ses meilleurs impétrants !

EPOUSES ET ASSASSINS. K Quartey

 

 

 

 

 

 

 

Dans ce policier, l’auteur nous montre bien que même sans la présence du FBI et sa technologie high tech, le crime ne reste pas souvent impuni pour peu que les bonnes questions soient bien posées au bon moment. Au lieu des bas fonds de NY City, les bananeraies du Ghana mais qui renferment les mêmes individus en proie aux mêmes séismes utilisant les mêmes armes.

Nihil novi sub sole !

Sélection grand prix des lectrices Elle 2010

TU NE JUGERAS POINT. A Job

 

 

 

 

 

 

Une intrigue qui commence comme un banal fait divers et qui monte doucement en puissance. Un rythme lent, provincial. Un personnage trop simple pour être « honnête » mais trop « coupable idéal ». Des protagonistes satellites suspicieux  sans l’ombre d’une preuve. Un juge balloté par sa propre histoire.

Une mère « au dessous » de tout soupçon.

Et une fin au dessus de toute raison … quoique ..

Sélection Grand prix des lectricesElle 2010

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