Archives pour la categorie ‘roman’

ORPHELINS DE DIEU. Marc Biancarelli ♥♥♥

image les orphelins de dieu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parfois, inconsciemment, la main se tend vers une pile au milieu de tant d’autres et saisit un titre, une couverture avec un léger frémissement, un sentiment de « pépite » et, dès les premières lignes de l’incipit, la certitude de l’orpailleur du filon prometteur. Et quand la promesse est tenue, quel bonheur !

Marc Biancarelli n’en est pas à son coup d’essai mais n’avait publié qu’en langue corse et l’on ne remerciera  jamais assez ses traducteurs, dont Jérôme Ferrari, de nous avoir livré ses trésors, notamment pour Murtoriu.

Il existe un souffle épique formidable chez ces oubliés de Dieu, véritables mercenaires de Mnémoch, une mélancolie noire et profonde, un souhait de rachat improbable dans un dernier acte vengeur et réhabilitateur. Tout y est :  la candeur et l’innocence, l’abomination, la bestialité, la fatigue de la vieillesse, l’illumination de la rédemption, la pudeur et la cruauté.

Magistral. TRES BON roman. A lire +++

Encore un nouveau pur-sang chez Actes Sud qui en a indéniablement la plus belle collection !

LA CHUTE DES PRINCES. Robert Goolrick ♥♥

 

image la chute des princes

 

 

 

 

 

 

Si vous avez aimé « Le loup de Wall Street » de Martin Scorsese, en voici une version plus édulcorée avec des regrets, des remords et de la culpabilité, ce qui en fait un personnage plus humain mais peut être loin de la réalité dans ce genre d’univers. L’écriture est souple, typiquement américaine dans sa fluidité et son efficacité: on ne saute aucune ligne. Robert Goolrick ne nous apprend pas grand chose sur la vie démesurée des traders new yorkais mais a retourné la lorgnette et observé l’environnement de ces marionnettes, véritable mise à feu de leur évolution future. En un trait rapide de quelques lignes il nous dresse pour chaque personnage leur milieu originel et les causes déclenchantes de cette frénésie « icarienne ». Ses portraits sont cependant beaucoup plus intemporelles qu’une simple représentation des « golden boys » des années 80 et de la bombe VIH: ce sont ceux de toute époque démesurée et folle avant une fin prévue et annoncée.

Efficace. Honnête

TROIS MILLE CHEVAUX VAPEUR. Antonin Varenne ♥♥

 

image trois mille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Antonin Varenne a la fougue, l’endurance, la force et l’élégance des huskis dont il a les yeux !

Son roman est une chevauchée endiablée  à travers les continents à la poursuite d’un tueur en série qui fait subir à ses victimes des mutilations inimaginables ( c’est à dire de celles que seuls des êtres humains peuvent infliger à leurs congénères …) L’homme qui le poursuivra est un « frère » de « sang et de torture » qui recherchera à travers cette course poursuite une rédemption et un apaisement de toutes ses érinyes du fin fond de la jungle birmane aux plaines de l’Ouest en passant par les égouts de Londres.

Ce livre est haletant, mené tambour battant sans un instant de répit à la vitesse de trois mille chevaux vapeur et nous laisse content et fourbu. Dommage peut être que la fin fasse un peu « La petite maison dans la prairie ».