Archives pour la categorie ‘roman’

CE QUE JE SAIS DE VERA CANDIDA. Veronique Ovaldé ♥♥♥

 

Un conte onirique à l’écriture légère comme une plume, exaltant le destin inéluctable de trois femmes écrasées par le poids d’un secret inavouable. Un décor imaginaire, exotique, moite, propice aux langueurs sensuelles et aux brûlures passionnelles. Trois personnages d’une puissance et d’une violence inouïes liés de façon implacable dans leur rôle d’amantes, de mères, de filles tentant de manière désespérée et avec plus ou moins de bonheur d’échapper à la malédiction.

Un livre envoutant, dévastant tel un cyclone tropical dont on sort ébloui, comblé et muet. Merci !!

Lauréat Grand prix des lectrices Elle 2010

LES INSOMNIAQUES. Camille de Villeneuve ♥♥

 

Une description sur le fil du rasoir d’un monde révolu, d’une espèce en voie de disparition. L’image d’une fin de race dont seules les femmes ont pu en avoir la lucidité et la clairvoyance pour fourbir les mots décapants sur la décadence d’une caste qui n’est peut être que le parfait reflet de notre propre déclin.

Une belle étude de mœurs, puissante, dense sans nostalgie et pleine d’intelligence.

Sélection Grand prix des lectrices Elle 2010

L’ANNEE BROUILLARD. Michelle Richmond.

 

Une simple disparition sans indice tangible évoluant vers une quête mystique du Graal. Une recherche éperdue, passée au microscope électronique balayant toutes les angoisses, tous les doutes, tous les espoirs les plus fous jusqu’à l’improbable rencontre. Roman d’une densité étouffante, on ne peut être que ballottée, happée, secouée par cette vague immense inhumaine : retrouver un enfant perdu.

Sélection Grand prix des lectrices Elle 2010

LARKE ET TERMITE. JA Phillips.

 

Un conte fantastique mêlant toutes les vicissitudes de la vie heurtant des êtres fantasmagoriques explosant de vie, moitié ange moitié homme dans un univers hostile à toute quiétude et à toute sérénité. Avec pourtant une innocence et une fraîcheur incomparable. Complètement inattendu et parfaitement réussi

Sélection Grand prix des lectrices Elle 2010

 

LE CIEL DE BAY CITY. Catherine Mavrikakis.

 

Un torrent de haine, de hargne, de violence morbide avec un style répétitif comme une mélopée. Un déchainement de mots projetés au fusil mitrailleur d’un univers délirant. L’abolition du cortex supérieur avec une explosion du rhinencéphale signe ce roman onirique inondé d’irréalité et soutenu par une volonté acharnée d’anéantissement absolu. Un cauchemar dont on sort exsangue. De toute évidence un échec total de la psychanalyse !

Sélection Grand prix des lectrices Elle 2010

LE TESTAMENT CACHE. Sebastien Barry ♥

 

Livre tendre, romantique, complexe sur l’acceptation d’une destinée morcelée en de multiples petits miroirs reflétant des éclats de mémoires comme un immense puzzle qui se reconstitue lentement sous nos yeux. Aussi doux qu’un rayon de soleil sur la bruyère de la lande et aussi féroce qu’une tempête ravageant les côtes déchiquetées. Lancinant, profond et puissant comme une ballade irlandaise.

Sélection Grand prix des lectrices Elle 2010

L’AMI DE JEUNESSE. Antoine Sénanque ♥♥♥

Une petite perle dans un écrin discret.

Une vision mélancolique et iconoclaste d’un homme qui a observé, noté, respiré, tremblé, aimé, rejeté un monde médical très dur, envahissant, chronophage, destructeur -tellement vrai- loin des clichés conventionnels et idéalisés et qui met en parallèle une sauvegarde hypothétique et personnelle par une intronisation difficile dans le lieu le plus mythique : la Sorbonne. Et cela grâce à son « ami de jeunesse » aussi solaire que l’auteur est lunaire et qui permettra, peut être, on peut l’imaginer, la transformation de la chrysalide en papillon.

Petite musique triste, lucide mais époustouflante de sincérité et d’exorcisation.

LES DEFERLANTES. Claudie Gallay ♥♥♥

 

Un rythme lent, profond, puissant à l’image de ces « déferlantes » qui peuvent prendre des individus et les rejeter, un jour, sur un rivage, broyés, concassés mais vivants et autres.

Et la violence répétitive des ces lames de fond, tel un ciseau de sculpteur, fait apparaître lentement mais inexorablement le véritable visage de ces personnalités silencieuses drossées par la vie, battues par les ouragans du deuil et de l’absence.

On en ressort trempé, grelottant mais curieusement apaisé comme par un faible rayon de soleil caressant après une tempête.

Sobriété des mots, des personnages contrastant avec une nature omniprésente, bruyante, explosante renforçant leurs intenses fragilités.

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