Archives pour août, 2012

ZULU. Caryl Férey ♥♥

 

 

 

 

 

 

 

 

Pas moins de 8 prix pour ce roman policier peut faire craindre le pire …

Et « le pire n’est jamais sûr » est bien vrai !

Ce polar est un extrait de concentré de fureur, une violence inouïe à l’état brut, un ouragan de destruction dans un pays en flammes, l’Afrique du Sud post apartheid. Des flics noirs et durs comme l’ébène autant intérieurement qu’extérieurement, rongés par des démons mortifères et des cadavres pourrissants dans les charniers putrides des « townships », véritables poubelles humaines et urbaines générées par un pays gangrené jusqu’à son ADN.

Caryl Férey, solidement documenté, dans un style fluide et coulant  fait exploser une véritable bombe chimique dévastatrice en pleine figure. On en ressort anéanti… mais avec une envie irrésistible de se précipiter sur… Mapuche son dernier roman

LA NUIT, LA NEIGE. Claude Pujade-Renaud ♥♥♥

 

 

 

 

 

 

 

Titre étrange, envoutant, laissant caracoler l’imaginaire, l’opposition absolue du noir et du blanc : l’obscurité sinistre de la déchéance  contre la blancheur éclatante du pouvoir royal.

Un véritable concerto à deux voix.

Tout d’abord, celle d’ Anne Marie des Ursins, camamera mayor de la défunte reine Marie Louise Gabrielle épouse de Philippe V d’Espagne, pauvre fou sur l’échiquier de Louis le Quatorzième. Cette femme puissante, éclairée, véritable araignée tissant les fils poissants des écheveaux politiques avec subtilité et clairvoyance, assurée de son pouvoir absolu, rencontre la nouvelle épouse, choisie par elle, petit pion noir sur son propre damier. Mais l’innocent pion noir,un soir de décembre 1714 dans un glacial château de Castille , va la précipiter brutalement  dans la nuit sombre de la répudiation. Et cette femme vieillie, humiliée, cherchera en vain les raisons de cette funeste chute.

Et celle d’Elisabeth Farnèse (ce petit pion noir si prometteur) vendue par sa mère pour la gloire de la couronne de Parme et qui, manipulée à son insu, va tenter désespérement de gouverner un royaume hostile et rongé par l’Inquisition et qui restera hantée par cette disgrâce prononcée hâtivement et par ce carrosse bringuebalant fuyant la nuit dans la neige emportant celle qui aurait pu être son seul secours.
Claude Pujade-Renaud est une magnifique voix féminine d’une très grande tessiture jouant sur tous les arpèges de la sensibilité humaine. Est ce une historienne romancière ou une romancière historienne ?

Mais c’est à coup sûr une enchanteresse…

KAROO. Steve Tesich

 

 

 

 

 

Attention, coup de pub !!!!

Histoire d’un homme devenu indifférent à toutes les sollicitations de la vie (amour,sexe, alcool,drogue and rock’roll) et qui va tenter, fichtre, de bien savoir pourquoi….

« Si les mots ont encore un sens, n’hésitons pas, c’est un chef d’oeuvre » Sud ouest. Oeuvre peut être, chef pas sûr….

« Karoo est un hymne admirablement retors à la littérature » Le Monde. Quelle littérature ? Celle du nombrilisme exacerbé passé au crible du microscope électronique ?

« Tesich accomplit une prouesse littéraire » Les Inrockuptibles. Si les mots ont encore un sens, alors que dire de celle de Michael Phelps ou Teddy Rinner….

« C’est un roman noir électrisant, mangeur d’hommes » Le Figaro Magazine. Malheureusement il y a surement eu panne de secteur et au final aucune morsure n’a été à déplorer. Ouf !

607 pages, c’est long, surtout quand on s’ennuie.. et l’assimilation à un Easton Ellis ou un Roth est peut être hyperbolique (quoique..)

Madame Bovary a généré le bovarysme, Oblomov l’oblomovisme, on peut douter lire un jour dans un dictionnaire le karooisme…

Faites vous plaisir lisez plutôt ou relisez Jay Mac Inerney, Wallace Stegner, Paul Auster ou Jim Harrison.

 

IL FAUT RENTRER MAINTENANT. Eddy Mitchell avec Didier Varrod

 

 

 

 

 

 

Qu’il soit sympa, on le savait.

Qu’il soit pudique, on le percevait.

Qu’il soit intelligent, on s’en doutait.

Qu’il ait de l’humour, on le soupçonnait.

Monsieur Eddy fait partie de ceux dont on aimerait bien croiser le chemin et pourquoi pas s’y arrêter.

Sans fioriture, fidèle, lucide, observateur et heureux : un homme, en somme…

Pas de surprise Eddy Mitchell est ce qu’il donne : un souffle humain.

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