Archives pour décembre, 2012

LA VERITÉ SUR L’AFFAIRE HARRY QUEBERT. Joël Dicker

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand les maisons d’éditions et leurs complices cesseront de prendre les pauvres lecteurs pour des billes de flipper et de les catapulter dans leurs petits filets garnis pour leur vendre des soi disant romans d’exception (comme Karoo par exemple) juste bons à caler l’armoire normande de tante Léontine ???

Quand cessera t on de nous infliger des pavés monstrueux de plus de 600 pages,indigestes dont près de la moitié pourrait être supprimée sans nuire une nanoseconde à la compréhension du texte bien au contraire (mais que font les rewievers …) ?

Prétendre que ce « roman » est une vision rare et profonde de l’Amérique est un camouflet à de merveilleux écrivains américains qui,eux, savent de quoi ils parlent.

Banal roman policier confus,poussif, laissez tomber et lisez plutôt Pete Dexter ou Jim Thompson, 400 pages de moins, mais quel plaisir !

Première gamelle du Goncourt des lycéens..

 

« HO… » Philippe Djian

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Icône culte des années 80, révélé par 37,2 le matin et Beinex (qui propulsa de la même façon Dellacorta par son film Diva ) Djian  a ravi, enthousiasmé, enflammé une époque funky. Méprisé par l’intelligentsia littéraire jusqu’aux années 90-95 au sommet de son art avec notamment Sotos, c’est, curieusement, quand il a commencé à se mettre en boucle et à verser dans le lourd et le glauque que les lauriers ont fleuri. Privilège de l’âge ? Reconnaissance tardive de la cavalerie ?

« Ho… » n’échappe malheureusement pas à la règle de ses précédents romans. Alors, bien sûr, il y  a toujours l’ »atmosphère Djian » et son phrasé reconnaissable entre mille. Mais se mettre à la place d’une femme (l’héroïne de son roman) et faire dériver un viol vers une relation amoureuse sado-maso (finissant, en plus, par un coup de pelle mortel) risque de faire sauter au plafond les associations de femmes victimes de ce genre de sévices.  Mais bof, comme c’est le copain de Christine Angot … Il est certain qu’un écrivain n’est pas obligé d’avoir vécu une situation pour pouvoir en parler, son imaginaire peut y pallier, mais parfois il y des occasions qui se perdent. Dommage !

PARFUMS. Philippe Claudel ♥♥♥

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Philippe Claudel est un « chuchoteur » et ce qu’il vous murmure à l’oreille est empli d’une poésie nostalgique, d’une brume indéfinissable lourde et ouatée à l’image de sa terre lorraine. Sa musique est cristalline et son verbe souple et aérien. A l’instar de Philippe Delerm et sa « petite gorgée de bière » il nous livre dans Parfums ces petits instants de grâce, ces minuscules particules de vie qui en font toute la saveur et la rendent si précieuse. Tous ces petits « riens » qui peuplent notre hippocampe limbique et font de nous des êtres uniques et à la fois similaires dans leurs souvenirs partagés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et dans la même veine, dénichez «  Le café Excelsior » lieu de rencontre entre un grand père et son petit fils, endroit magique de passation du pouvoir masculin entre une grenadine à l’eau et une chope de bière. Une véritable initiation dans un rituel ancestral qui fait de vous un homme, un vrai. Un petit bijou.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Impossible de ne pas rappeler l’exceptionnel roman qui ouvrit avec fracas les portes de la littérature à Philippe Claudel : « Les âmes grises ». La beauté rare de ce livre où la noirceur de l’âme côtoie l’indicible fraicheur sous le fracas lointains des bombes restera longtemps gravée dans le marbre de nos mémoires.

Philippe Claudel est une véritable version orale des plus beaux peintres flamands.

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