Archives pour février, 2013

LA VIE REVÉE D’ERNESTO G. JM Guenassia ♥

 

 

 

 

 

 

 

Sur un siècle,avec son héros Joseph Kaplan, médecin hongrois, Guenassia nous entraine des fastes moribondes de la Hongrie des années 30 au soleil pourrissant d’une Algérie coloniale et d’un retour à la terre natale profondément dévastée par une emprise communiste. Toute une vie ponctuée de rêves, de mirages, d’amours intenses, d’amitiés profondes et de désillusions violentes dont l’acmé se concrétisera par une rencontre étrange et romanesque avec un certain Ernesto G. revenu de toutes ses chimères et exilé dans un trou de province tchèque.

Guenassia nous avait déjà entrainé dans le Paris des années 50 avec une plume tourbillonnante dans une ronde échevelée de personnages hauts en couleur d’une gaité folle enthousiasmante (Le club des incorrigibles optimistes). Ce roman est plus noir, plus amer même si sa plume reste virevoltante.

Une belle histoire même si l’on peut préférer son précédent roman.

HEUREUX LES HEUREUX. Yasmina Reza ♥♥

 

 

 

 

 

 

 

Yasmina Reza est la reine du fleuret : elle touche et fait mouche à tous les coups. Cette fine lâme sait pourfendre tous nos travers et pose sa mouche là où ça fait mal. Elle sait débusquer, dans des scènettes apparemment anodines, le moment juste où une phrase banale va faire capoter la quiétude installée et éclater le vernis des conventions, cet instant fragile, en équilibre où le masque bien pensant tombe brutalement révélant une sauvagerie  émotionnelle disproportionnée. Que ce soit à propos d’un tableau blanc ( Art), d’une bagarre  de cours d’école ( Le dieu du carnage), au décours d’une mise en terre (Conversations après un enterrement), d’une relation père-fils (Une désolation) toutes ses réparties débusquent les démons enfouis sous le couvercle de la bienséance et le fait exploser avec un bonheur et une justesse rare.

Dans ce livre chorale où les personnages s’entremêlent d’une nouvelle à l’autre, elle pointe avec délectation les petits riens,les phrases anodines et banales qui tricotent notre quotidien et que l’on pourrait dire ou vivre. Quel intérêt, direz vous ? La férocité mêlée de tendresse de Reza pour ses personnages, un mélange de méchanceté pour la petitesse de ces derniers et une compassion pour leur accablement d’êtres humains.

Il est bien connu que « les gens heureux n’ont pas d’histoires » …

 

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