Archives pour mai, 2013

LE PEINTRE D’EVENTAIL. Hubert Haddad ♥♥♥

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Dans une modeste pension d’une contrée japonaise, un homme épouvanté par sa vie trouve refuge auprès d’un vieil homme, peintre sur éventails des splendeurs du jardin dont il a la garde et qu’il lui lèguera à sa disparition comme véritable gardien de son temple. C’est auprès des différents hôtes de la maison et parmi ces aquarelles de papier et cette nature omniprésente que cet homme retrouvera sa dignité et son élan de vie avant que la nature tant aimé ne brise à nouveau cette force vive.

Cet opuscule aussi léger qu’un souffle d’éventail dans les cerisiers japonais prend pourtant tout son poids au coeur même d’une terre riche, féconde, génératrice d’une beauté sensuelle mais aussi violente et meurtrière dans ses paroxysmes sismiques. C’est une véritable danse lascive entre les personnages ballotés par leur passion et leur destin et cette nature apaisante mais aussi dévastatrice.

Ce roman ressemble à ces délicates estampes au trait parfait de finesse  et d’une violence inouïe.

Très bel auteur. A découvrir.

NOS GLOIRES SECRETES. Tonino Benacquista ♥♥

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Tonino Benacquista est assurément une valeur sûre. N’importe lequel des ses romans engendre une sympathie humaine rare. C’est un auteur sans prétention, dans le sens noble du terme, avec une imagination trempée dans le réel et qui fait le secret des « bonnes » histoires. Il a fourbi ses armes dans la littérature policière et ses Rivages Noir et Folio Policier La maldonne des sleepings, Les morsures de l’aube, La machine à broyer les petites filles etc.) trônent dans la plupart des bibliothèques de vacances (les plus belles…).

Mais là où Benacquista excelle est sans conteste la nouvelle. Tout à l’ego était impressionnant de maitrise touchant autant le style que l’imaginaire et ce nouveau recueil en conserve la même plume. Ces six nouvelles peuvent imiter des « historiettes » mais n’en ont pas seulement l’air mais aussi la chanson : simples, presque faciles, un rien banals, pleinement humaines, elles vous retroussent et vous décoiffent souvent dans un éclat de rire sur leur dernière page.

Encore une fois, toujours sans prétention, un auteur qui donne ce qu’il promet. Merci

LA DISPARITION DE JIM SULLIVAN. Tanguy Viel ♥♥

 

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Tanguy Viel, dans son nouveau roman, s’attelle à un exercice périlleux : celle d’un auteur qui écrit un livre sur le livre qu’il a écrit dans un pays où il n’a jamais mis un pied, avec des héros,des situations, des lieux et des états d’âme piochés pertinemment dans une littérature planétaire, celle de l’American way of life…

Jeu, ô combien difficile, mais dont il se sort avec brio et humour féroce.

Sa maîtrise du fil conducteur, sa dichotomie permanente sur le fil du rasoir entre le narrateur et son double et la construction habile d’une histoire dans l’autre, telles des poupées russes, en font un véritable exercice de style d’une fluidité confondante qui jamais ne s’embrouille dans les multiples poncifs de la littérature américaine dont son roman est truffé. Il fait mouche partout : dans les sujets choisis, dans l’atmosphère parfaitement reconstitué : un véritable roman américain qui aurait pu être écrit par un auteur américain goguenard.

Et comme couronnement : un roman court (153 pages) comme sait si bien les concocter Tanguy Viel qui nous repose des pavés indigestes des éditeurs !

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