Archives pour août, 2013

CE QU’IL ADVINT DU SAUVAGE BLANC. François Garde ♥♥

 

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Premier roman : neuf prix … Question obsédante, les yeux rivés sur le bandeau rouge des citations: Réalité ? Arnaque ?

4° de couv’ : XIX° siècle, un blanc, oublié sur une ile, devenu « sauvage » avec les « sauvages », est retrouvé 17 ans après et récupéré, quasi amnésique, par la « civilisation » qui tentera de le réintégrer sous l’oeil bienveillant d’un scientifique humaniste.

Extrait d’une histoire vraie mais très romancée, ce récit a deux voix:

- celle du scientifique, rêvant de gloire,qui tente de découvrir,désespérément, les mécanismes de survie de cet homme pendant ces 17 ans dans un univers totalement hostile et permettre ainsi, dans une époque secouée par Darwin, une avancée ethnologique et qui se heurte à un mutisme farouche de son objet d’études.

- celle du héros,totalement muet à la « civilisation », mais nous faisant seul confident de son expérience qu’il refuse d’exprimer car il a compris que « parler c’est mourir » car ne peut coexister en lui ces deux mondes.

Premier roman totalement maîtrisé, puissant, soulevant l’universel problème de l’intégration et du souvenir et l’éternelle question de la dualité « sauvage-civilisé »

Pas d’arnaque vous pouvez le poser sur la pile !

CET ÉTÉ LÀ. William Trevor ♥♥♥

 

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Petite cantate légère, apaisante, jouée par de belles âmes dans un monde simple.

De ces histoires innocentes et lourdes à la fois où chaque personnage trace son sillon suivant son code de vie où le respect et l’amour peuvent cohabiter simplement.

William Trevor, un grand, un très grand de la littérature nous livre une histoire simple sans fards dont la musique est douceur et sérénité

Une de ces oeuvres dont on sort réconcilié avec l’être humain.

L’OUBLI QUE NOUS SERONS. Hector Abad ♥♥♥

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Une figure paternelle héroïque dans une Colombie dévastée par un pouvoir militaire sanguinaire.

Encore une de ces guérillas meurtrières sud-américaines pourrait on penser, où se mêle dictature, narco-trafiquants et révolutionnaires sauf que cette autobiographie utilise comme toile de fond cet état des lieux pour dresser le portrait plein d’amour et de respect pour un homme exceptionnel, véritable humaniste, médecin des pauvres, utilisant le bon sens, l’optimisme et l’enthousiasme pour lutter contre la main de fer de la gente totalitaire en place.

Un véritable hymne à la joie, un formidable élan de vie suinte de ce visage paternel dépeint avec adoration par un fils ébloui et quelque peu écrasé par cette personnalité hors norme mais qui a su se rendre « inoubliable ».

Le style est fluide,  élégant, la traduction parfaite

A quoi sert la littérature ? A vivre mille vies..Penchez vous sur celle d’ Hector Abad, c’est un véritable joyau.

ACCABADORA. Michela Murgia ♥♥♥

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C’est un véritable chant sarde que nous psalmodie Michela Murgia.

Un de ces livres qui nous raconte une vieille histoire lourde, lente et puissante où l’économie des mots des personnages rend encore plus écrasante leur destinée.

Dans une Sardaigne ancestrale une veuve adopte une enfant dont elle fera sa « fill’e anima » l’éduquant avec une rigueur aimante permettant l’éclosion d’une jeune femme droite et forte. Mais un jour cette jeune Maria va découvrir la véritable Tzia qui n’est autre qu’une accabadora, une faiseuse non d’anges mais de morts, cette deuxième mère , celle qui après la première qui a donné la vie, donne la mort quand celle ci tarde trop à faire son œuvre et engendre de trop grandes souffrances. Après une répulsion totale et une fuite éperdue Maria reviendra auprès de sa mère adoptive mourante qui lui signifiera par le regard son souhait qu’elle devienne pour elle son accabadora. Et se pose alors pour la jeune femme la terrible question du droit à donner la mort quand les souffrances sont inutiles et le courage et la force immense nécessaire à l’accomplissement d’un tel acte.

Ce roman mi légende mi vérité, dans un style épuré, clair et bien maîtrisé, soulève le problème  aussi vieux que les mythes, de l’euthanasie, cachée, tue mais acceptée comme un rituel ancestral.

Magnifique roman qui n’est pas sans résonner avec Milena Angus ou Carole Martinez

A lire. Ne serait ce que pour nous rappeler que nous sommes des fétus de paille, certes dressés, mais si fragiles…

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