Marguerite Yourcenar est une grande dame, une très grande dame de la littérature. Certains ne s’y sont pas trompés puisqu’elle fut la première femme Immortelle de cette Académie fondée sous Louis XIV ( brisant presque trois siècles de « mâle » règne !). Il en fallait du talent, de la technique et de la maitrise littéraire pour bousculer les poussières dorées de cette illustre institution !!

Bien sur, il y a ses oeuvres les plus connues (Mémoires d’Hadrien, L’oeuvre au noir, Les Nouvelles Orientales, Alexis ou le Traité du vain Combat, Le Denier du rêve …) qui sont de véritables émeraudes pouvant siéger dans toute bibliothèque même minimaliste.

Mais Marguerite Yourcenar est une femme du Nord qui a poursuivi l’oeuvre de sa vie, s’y re-penchant maintes et maintes fois, fignolant, ciselant les contours : son autobiographie, véritable arbre généalogique de la famille Crayencour : Le Labyrinthe du Monde.

Et nul doute qu’il fallait une virtuosité et une habileté rare pour arriver à passionner de simples mortels pour une famille bourgeoise de la Flandre française !

Eh, bien elle y réussit au delà de toutes espérances et c’est bercé par la mélodie extraordinaire de sa prose, son souci du détail et son harmonie de la narration que l’on traverse les siècles en compagnie des ses aïeux sans une once d’ennui.

Quel talent ! Mais quel talent !!