Sandor Maraï est un horloger de la passion amoureuse qui démonte et dissèque avec une précision diabolique, tous les rouages, les « échappements », les ressorts de l’état passionnel.

La description, glaciale, rationnelle, quasi botaniste ou entomologique de cet état chez ses personnages, révèle peu à peu un magma bouillonnant, rouge sang qui les renverse et les anéantit comme des pantins ahuris, soumis à un état qui les dépasse mais qu’ils observent comme dédoublés, déconnectés, capables encore d’analyser cet ouragan qui les dévaste avec ses dégâts collatéraux.

C’est cette dualité frigidité-fournaise exprimée, décortiquée qui fait de Maraï, romancier hongrois du siècle dernier si meurtrier, un écrivain unique pleinement particulier.

Sa plume jaillit de son âme, de son coeur, de tous les méandres de son esprit inquisiteur avec une maestria et une puissance rare. Divorce à Buda en est l’éclatante maîtrise. La conversation de Bolzano un sublime échec de Giacomo Casanova

Ecrivain exceptionnel. A LIRE. A LIRE.A LIRE