image disparition jim sullivan viel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tanguy Viel, dans son nouveau roman, s’attelle à un exercice périlleux : celle d’un auteur qui écrit un livre sur le livre qu’il a écrit dans un pays où il n’a jamais mis un pied, avec des héros,des situations, des lieux et des états d’âme piochés pertinemment dans une littérature planétaire, celle de l’American way of life…

Jeu, ô combien difficile, mais dont il se sort avec brio et humour féroce.

Sa maîtrise du fil conducteur, sa dichotomie permanente sur le fil du rasoir entre le narrateur et son double et la construction habile d’une histoire dans l’autre, telles des poupées russes, en font un véritable exercice de style d’une fluidité confondante qui jamais ne s’embrouille dans les multiples poncifs de la littérature américaine dont son roman est truffé. Il fait mouche partout : dans les sujets choisis, dans l’atmosphère parfaitement reconstitué : un véritable roman américain qui aurait pu être écrit par un auteur américain goguenard.

Et comme couronnement : un roman court (153 pages) comme sait si bien les concocter Tanguy Viel qui nous repose des pavés indigestes des éditeurs !