image accabadora

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est un véritable chant sarde que nous psalmodie Michela Murgia.

Un de ces livres qui nous raconte une vieille histoire lourde, lente et puissante où l’économie des mots des personnages rend encore plus écrasante leur destinée.

Dans une Sardaigne ancestrale une veuve adopte une enfant dont elle fera sa « fill’e anima » l’éduquant avec une rigueur aimante permettant l’éclosion d’une jeune femme droite et forte. Mais un jour cette jeune Maria va découvrir la véritable Tzia qui n’est autre qu’une accabadora, une faiseuse non d’anges mais de morts, cette deuxième mère , celle qui après la première qui a donné la vie, donne la mort quand celle ci tarde trop à faire son œuvre et engendre de trop grandes souffrances. Après une répulsion totale et une fuite éperdue Maria reviendra auprès de sa mère adoptive mourante qui lui signifiera par le regard son souhait qu’elle devienne pour elle son accabadora. Et se pose alors pour la jeune femme la terrible question du droit à donner la mort quand les souffrances sont inutiles et le courage et la force immense nécessaire à l’accomplissement d’un tel acte.

Ce roman mi légende mi vérité, dans un style épuré, clair et bien maîtrisé, soulève le problème  aussi vieux que les mythes, de l’euthanasie, cachée, tue mais acceptée comme un rituel ancestral.

Magnifique roman qui n’est pas sans résonner avec Milena Angus ou Carole Martinez

A lire. Ne serait ce que pour nous rappeler que nous sommes des fétus de paille, certes dressés, mais si fragiles…