POUR SEUL CORTEGE. LE TIGRE BLEU DE L’EUPHRATE. Laurent Gaudé♥♥♥

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Gaudé est hanté par les tragédies grecques: Sophocle, Eschyle et Euripide doivent être sa trilogie sacrée.

Il est, de plus, envouté par Alexandre Le Grand sur lequel il a écrit, pour le theatre, le fascinant  » Tigre bleu de l’Euphrate », une de ses plus belles pièces. Mais c’est toujours un Alexandre agonisant, genoux à terre, expliquant dans un long monologue onirique les raisons de sa soif de conquête par un mystérieux tigre bleu ou, dans son dernier roman, la vision du déclin et de l’explosion d’une civilisation moribonde périssant dans l’hypertrophie, l’obésité et la démesure étrangement contemporaine. De ces vieilles civilisations qui nous ont faits et dont l’histoire se répète inlassablement.

Laurent Gaudé est un seigneur et un saigneur enivrant…

A lire sans modération

ZULU. Caryl Férey ♥♥

 

 

 

 

 

 

 

 

Pas moins de 8 prix pour ce roman policier peut faire craindre le pire …

Et « le pire n’est jamais sûr » est bien vrai !

Ce polar est un extrait de concentré de fureur, une violence inouïe à l’état brut, un ouragan de destruction dans un pays en flammes, l’Afrique du Sud post apartheid. Des flics noirs et durs comme l’ébène autant intérieurement qu’extérieurement, rongés par des démons mortifères et des cadavres pourrissants dans les charniers putrides des « townships », véritables poubelles humaines et urbaines générées par un pays gangrené jusqu’à son ADN.

Caryl Férey, solidement documenté, dans un style fluide et coulant  fait exploser une véritable bombe chimique dévastatrice en pleine figure. On en ressort anéanti… mais avec une envie irrésistible de se précipiter sur… Mapuche son dernier roman

LA NUIT, LA NEIGE. Claude Pujade-Renaud ♥♥♥

 

 

 

 

 

 

 

Titre étrange, envoutant, laissant caracoler l’imaginaire, l’opposition absolue du noir et du blanc : l’obscurité sinistre de la déchéance  contre la blancheur éclatante du pouvoir royal.

Un véritable concerto à deux voix.

Tout d’abord, celle d’ Anne Marie des Ursins, camamera mayor de la défunte reine Marie Louise Gabrielle épouse de Philippe V d’Espagne, pauvre fou sur l’échiquier de Louis le Quatorzième. Cette femme puissante, éclairée, véritable araignée tissant les fils poissants des écheveaux politiques avec subtilité et clairvoyance, assurée de son pouvoir absolu, rencontre la nouvelle épouse, choisie par elle, petit pion noir sur son propre damier. Mais l’innocent pion noir,un soir de décembre 1714 dans un glacial château de Castille , va la précipiter brutalement  dans la nuit sombre de la répudiation. Et cette femme vieillie, humiliée, cherchera en vain les raisons de cette funeste chute.

Et celle d’Elisabeth Farnèse (ce petit pion noir si prometteur) vendue par sa mère pour la gloire de la couronne de Parme et qui, manipulée à son insu, va tenter désespérement de gouverner un royaume hostile et rongé par l’Inquisition et qui restera hantée par cette disgrâce prononcée hâtivement et par ce carrosse bringuebalant fuyant la nuit dans la neige emportant celle qui aurait pu être son seul secours.
Claude Pujade-Renaud est une magnifique voix féminine d’une très grande tessiture jouant sur tous les arpèges de la sensibilité humaine. Est ce une historienne romancière ou une romancière historienne ?

Mais c’est à coup sûr une enchanteresse…

KAROO. Steve Tesich

 

 

 

 

 

Attention, coup de pub !!!!

Histoire d’un homme devenu indifférent à toutes les sollicitations de la vie (amour,sexe, alcool,drogue and rock’roll) et qui va tenter, fichtre, de bien savoir pourquoi….

« Si les mots ont encore un sens, n’hésitons pas, c’est un chef d’oeuvre » Sud ouest. Oeuvre peut être, chef pas sûr….

« Karoo est un hymne admirablement retors à la littérature » Le Monde. Quelle littérature ? Celle du nombrilisme exacerbé passé au crible du microscope électronique ?

« Tesich accomplit une prouesse littéraire » Les Inrockuptibles. Si les mots ont encore un sens, alors que dire de celle de Michael Phelps ou Teddy Rinner….

« C’est un roman noir électrisant, mangeur d’hommes » Le Figaro Magazine. Malheureusement il y a surement eu panne de secteur et au final aucune morsure n’a été à déplorer. Ouf !

607 pages, c’est long, surtout quand on s’ennuie.. et l’assimilation à un Easton Ellis ou un Roth est peut être hyperbolique (quoique..)

Madame Bovary a généré le bovarysme, Oblomov l’oblomovisme, on peut douter lire un jour dans un dictionnaire le karooisme…

Faites vous plaisir lisez plutôt ou relisez Jay Mac Inerney, Wallace Stegner, Paul Auster ou Jim Harrison.

 

IL FAUT RENTRER MAINTENANT. Eddy Mitchell avec Didier Varrod

 

 

 

 

 

 

Qu’il soit sympa, on le savait.

Qu’il soit pudique, on le percevait.

Qu’il soit intelligent, on s’en doutait.

Qu’il ait de l’humour, on le soupçonnait.

Monsieur Eddy fait partie de ceux dont on aimerait bien croiser le chemin et pourquoi pas s’y arrêter.

Sans fioriture, fidèle, lucide, observateur et heureux : un homme, en somme…

Pas de surprise Eddy Mitchell est ce qu’il donne : un souffle humain.

DANS LES FORETS DE SIBERIE. Sylvain Tesson

 

 

 

 

 

 

 

 

Un journal, un livre de bord tenu par un « second » : l’Astrolabe au jour le jour sans le naufrage, Jeremiah Johnson sans le son ni l’image. Avec des soliloques affligeants qui nous démontrent avec force combien le dialogue,lui est enrichissant.

Sylvain Tesson a certainement des images extraordinaires dans la tête mais c’est dommage qu’il ait oublié son Nikon, il nous aurait alors peut être, ému.

Fan de grands espaces et d’aventures solitaires lisez ou relisez plutôt Jack London ou Jean Raspail : ronronnements assurés !

LA RIVIERE NOIRE. Arnaldur Indridason♥

 

 

 

 

 

 

Pas de doute, dès les premières lignes, c’est un polar du Nord : c’est lent, froid, un peu morbide, très légèrement ennuyeux mais solide et carré : les deux bottes bien dans la neige.

Ce polar n’a pas la puissance d’un Stieg Larsson mais louche du coté de Camilla Lackberg. Classique et correct.

« Un bijou de la littérature policière » dixit Télérama. Peut être mais alors juste une tourmaline

DOUBLE IDENTITE. Didier van Cauwelaert.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un seul mot : AU SECOURS !!!!

ARAL. Cécile Ladjali ♥♥♥

 

 

 

 

 

 

 

Poème épique d’une rare beauté sauvage,violente dans un décor d’apocalypse : la mer d’Aral inexorablement ensablée.

Histoire d’amour folle, inhumaine d’un être hors du commun explosant les frontières des mortels sur une planète martienne.

Ode majestueuse à la musique et à la création symphonique envahissant l’univers silencieux du héros atteint de surdité dont la folle ambition est la découverte de la…8° note, gage de vie et d’amour éternelle.

Cécile Ladjali est une grande, de la même veine que  des Sylvie Germain ou Carole Martinez.

Ce livre est un triangle des Bermudes, on peut s’y engloutir…

ALLMEN ET LES LIBELLULES. ALLMEN ET LE DIAMANT ROSE. Martin Suter ♥



 

 

 

 

 

 

Elisabeth George a son commissaire Thomas Linley, huitième comte britannique d’ Asherton, Akounine son Eraste Petrovitch Fandorine, noble russe désargenté, Jean François Parot  son Nicolas Le Floch, jeune noble breton et Martin Suter son Johann Friedrich von Allmen, aristocrate ruiné. La « noblesse » véhiculerait elle encore un idéal de droiture, de justice et d’équité ? Sauf qu’ Allmen le héros de Suter, est plutôt du genre « arsouille » même si ses agissements ne sont pas sans évoquer un certain Arsène gentleman cambrioleur ! Qu’il coure après des coupes prestigieusement signées Gallé ou après un diamant rose exceptionnel, c’est avec un flegme tout aristocratique, flirtant avec la carambouille dans un univers « haute couture » tellement chatoyant et non dénué d’humour.

Que ce héros est séduisant ! Léger comme les bulles de champagnes dont il raffole il est intemporel et tellement attachant.

Fan de Wallander passez votre chemin sinon laissez vous appâter par ce quadragénaire gracile.

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